Genesis 3:6
6La femme donc vit que le fruit de l’arbre était bon à manger, beau à voir et d’un aspect qui excitait le désir ; elle en prit, en mangea et en donna à son mari, qui en mangea. ▼▼Gn. 3,6 : Voir Ecclésiastique, 25, 33 ; 1 Timothée, 2, 14. ― La femme vit… « Ève commence à regarder ce fruit défendu et c’est un commencement de désobéissance. C’est vouloir être réduite que de se rendre si attentive à la beauté et au goût de ce qui lui avait été interdit. La voilà donc occupée des beautés de cet objet défendu et comme convaincue que Dieu était trop sévère de leur défendre l’usage d’une chose si belle, sans songer que le péché ne consiste pas à user des choses mauvaises par leur nature, puisque Dieu n’en avait point fait ni n’en pouvait faire de telles, mais à mal user des bonnes. Ces regards attentifs sur l’agrément et sur le bon goût de ce beau fruit firent entrer jusque dans la moelle des os l’amour du plaisir des sens. » ― Et en donna à son mari. « Le serpent ne poussa pas plus loin la tentation du dehors ; et content d’avoir bien instruit et persuadé son ambassadeur, il laissa faire le reste à Ève séduite. Il lui avait parlé non seulement pour elle, mais encore pour son mari. Le démon ne se trompa pas en croyant que sa parole portée par Ève à Adam aurait plus d’effet que s’il la lui eût portée lui-même. (Adam) céda plutôt à Ève par complaisance que convaincu par ses raisons. Il ne voulut point contrister cette seule et chère compagne. A la fin il donna dans la séduction. » (Bossuet.)
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